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Publié le 31/03/2020

L’urgence sanitaire ne doit pas justifier les pleins pouvoirs en Hongrie

À Brest, le 31 mars 2020

Hier, le 30 mars 2020, le Premier ministre hongrois Viktor Orban a obtenu, par la déclaration d’un état d’urgence sanitaire le pouvoir de légiférer par ordonnances, pour une durée indéterminée. Ceci intervient alors qu’en 2018 une procédure a été enclenchée par le Parlement et la Commission européenne à l’encontre de la Hongrie pour “risque clair de violation grave des valeurs de l’Union européenne”, dont le respect de la démocratie et d’état de droit.

Pierre Karleskind, député européen s’inquiète “Ces mesures sont disproportionnées : le gouvernement peut prolonger l'état d'urgence sans accord du Parlement et menace de prison les médias en cas de diffusion de “fausses informations”, une réelle entrave à la presse. Cette carte blanche politique est une utilisation cynique d’une crise de santé publique grave. En tant que parlementaire en exercice et fervent défenseur de la démocratie, je suis profondément inquiet par cette dérive.”

“L'Union européenne est confrontée à la plus grande crise sanitaire de son histoire et cette situation exceptionnelle nécessite des mesures exceptionnelles. Celles-ci doivent être temporaires et strictement limitées à ce qui est nécessaire. Cette crise ne doit pas être utilisée pour détruire les bases sur lesquelles l’Union européenne s’est construite il y a 70 ans.”

“La semaine dernière, j’avais cosigné un courrier de ma collègue Radka Maxova du groupe Renew Europe à la Commission européenne afin d’alerter sur cette dérive et les développements d’hier confirment nos craintes”. La Commission, comme annoncé par Didier Reynders le commissaire européen à la Justice, s’est engagée à évaluer les mesures d’urgence prises en Hongrie au regard des droits fondamentaux.

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