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Publié le 16/12/2019

Colloque sur le transport maritime et la biodiversité

L’Institut Universitaire Européen de la Mer accueillait début décembre un colloque sur le transport maritime et la biodiversité. Les conférenciers sont intervenus sur la nécessité de mener davantage de recherches pour mieux appréhender les problématiques et les aspects réglementaires afin d’assurer une meilleure préservation de la biodiversité face aux pressions du transport maritime.

Quelles sont ces pressions ?

Le transport maritime influence fortement la biodiversité de manière directe :

La pollution sonore est encore assez méconnue mais son impact préoccupe de plus en plus les chercheurs et les professionnels de la biodiversité marine, notamment en ce qui concernent les mammifères marins. La pollution physique est plus tangible : morceaux de navires ou de cargaison, containers, échouages de Garfield en plastique…La pollution chimique est une des plus médiatique avec les marées noires. Le drame environnemental de l’Erika il y a 20 ans a permis une prise de conscience internationale et fait avancer la réglementation notamment en matière d’indemnisation. Les espèces invasives sont une autre pollution souvent méconnue. Des organismes divers tes que les micro-algues, animaux, mollusques, s’accrochent aux coques des bateaux ou sont présents dans les eaux de ballast et voyagent ainsi de ports en ports et d’aventures en aventures. C’est comme cela que la crépidule est arrivée en Bretagne. Originaire d’Amérique du nord, ce mollusque, très gourmand en Saint-Jacques et en alevin, fait peser une menace importante sur la biodiversité des côtes bretonnes et sur les activités économiques littorales.

Le transport maritime influence également la biodiversité de manière indirecte :

La construction de port et d’infrastructures en mer impactent forcément la biodiversité mais les études préalables permettent la sauvegarde des espèces sur site, leur intégration après construction ou leur déplacement sur de nouveaux sites propices à leur développement. Les émissions de gaz polluants sont également une pression au niveau mondial car ils impactent le réchauffement climatique. Le travail sur les Oxydes de Souffres (SOx) commence à porter ses fruits avec une réduction des émissions liée à la limite de la teneur en soufre du fuel-oil utilisé par les navires qui passe de 3,50% à 0,50% au 1er janvier. D’autres polluants comme les Oxydes d’Azote (NOx) et l’Ozone sont encore loin de d’accaparer l’attention des pouvoirs publics alors que leurs effets nocifs sur la santé sont préoccupants.

© Frank-Mackenna - Unspash

Et l’Europe dans tout ça ?

Malgré son territoire maritime de premier plan, l’Union Européenne ne présente pas un front uni sur les sujets maritimes.

En effet, chaque État membre peut faire partie de l’Organisation Maritime International (OMI) mais l’Union Européenne n’en est pas membre. Si l’Union Européenne pouvait devenir membre à part entière et porter 27 voix sur un seul siège, le poids politique et effectif de l’UE en matière de politique maritime serait majeur car les textes sont étudiés à partir de 30 pays signataires et tous les États européens actuels ne parviennent pas toujours à s’entendre pour les signer.

Pour finir, l’Europe n’atteindra pas ses objectifs 2020 en matière de protection et préservation de la biodiversité marines. Cependant, avec le Green Deal, l’environnement est à nouveau au cœur de toutes les politiques européennes. La préservation de la biodiversité sera notre combat pour ce mandat. Elle est à mettre en relation avec la sauvegarde de notre économie, l’évolution accompagnée des pratiques entrainant des pressions sur le milieu marin et l’encouragement à la recherche et à l’innovation.

 

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